Concilier passion des boules et vie de famille : une chimère pour les pétanqueurs ?

La pétanque, on le sait, c’est bien plus qu’un jeu : un mode de vie à part entière basé sur l’amicalité et le respect adopté par des millions de personnes à travers le monde.

Mais comme chacun sait, chaque chose, y compris les meilleures, ont un revers de la médaille. Alors que se passe-t-il quand une passion trop envahissante commence à empiéter sur une vie de famille saine et heureuse ?

Enquête.

Roland Tournevis est une figure de Plan-de-Cuques, village des alentours de Marseille où l’on croisera cette vedette locale en train de faire étalage de son talent au boulodrome, ou bien au « Gran Torino » le bar de la place centrale où il a pour coutume de venir se désaltérer après (ou avant) l’effort avec ses amis et camarades de jeu.

Véritable passionné de pétanque depuis l’enfance, Roland se souvient avec émotion de son premier contact avec une boule : « Vous connaissez cette tradition de la mafia sicilienne, où on place le nouveau-né entre un couteau et une plume ? Eh bah dans ma famille, on fait pareil, nous raconte-il, sauf qu’on remplace le couteau pour une boule de pétanque ! Et moi bah je me suis immédiatement tourné vers la boule que j’ai serrée très fort … et je ne l’ai plus jamais lâchée ! »

Roland Tournevis posant fièrement au Gran Torino, Plan-de-Cuques

En véritable passionné Roland enchaîne les compétitions et se forge une solide réputation dans la région PACA, fief international de la pétanque. Son ascension semble irrésistible, il est aux portes de la sélection française quand pourtant il décide soudainement de tout plaquer.

La raison : un ultimatum lancé par sa femme, alors que sa passion lui a déjà coûté un premier mariage. Roland ne peut s’empêcher de frissonner en y repensant : « la 1ère fois, je ne l’ai pas vu venir et ce n’est qu’au moment où Mireille, ma première femme, est partie que j’ai mesuré toutes les conséquences de la situation : du jour au lendemain j’ai dû me faire à manger, faire les courses, m’occuper du linge, gérer le ménage, j’ai même été obligé de prendre un emploi à mi-temps au Gran Torino pour pouvoir payer mes factures … Je n’étais pas du tout préparé, j’ai vécu l’enfer. J’en suis revenu et je me suis dit : plus jamais ça ! »

Difficile de faire la part des choses et d’affronter la réalité quand on est passionné

Comme beaucoup d’amateurs de boules, Roland s’est laissé emporter par sa passion, délaissant son domicile et sa famille. « C’était invivable, j’avais l’impression d’être mariée à un fantôme : les rares fois où ce margoulin se pointait à la maison, il était dans des états pas possibles : soit euphorique les jours de victoires, déprimé les jours de raclées. Dans tous les cas il empestait le pastis ! », tonne Hillary, l’actuelle femme de Roland, « heureusement il a rectifié le tir, il est beaucoup plus présent maintenant, même si certaines de ses mauvaises habitudes ont la peau dure… »

Tout est bien qui finit bien donc, en tout cas pour Roland Tournevis, car pour beaucoup d’autres familles le problème reste vivace.

Les témoignages similaires à celui de Roland sont légions, et ce serait plusieurs dizaines de milliers de ménages provençaux qui seraient sous tension à cause des boules, à tel point que la situation inquiète la sphère politique locale.

Existe-t-il des solutions ? « J’ai résolu des centaines de cas similaires, et vous savez quoi ? La clef, c’est une bonne communication », nous explique Felicity Pagnollette, coach spécialisée dans les addictions en tout genre et les troubles du comportement, jointe par nos soins, « Trouvez les bons mots pour expliquer votre passion, son importance, sa légitimité. L’objectif c’est de faire comprendre à votre femme   le pourquoi du comment de vos absences, pourquoi c’est à elle d’aller chercher les enfants à l’école et pourquoi la majorité des tâches ménagères lui sont dévolues… Bref soyez pédagogue ! L’accomplissement ultime serait d’obtenir son soutien actif, faites d’elle votre premier fan ! Ainsi vous pourrez vivre votre passion la conscience tranquille, en pouvant employer toutes vos ressources pour votre jeu », conclue Felicity, catégorique.

Felicity Pagnolette, coach de vie

Eugène Turpin a appliqué ces conseils à la lettre : « J’ai poussé le vice jusqu’à transmettre la passion des boules à mes enfants avant qu’ils puissent s’en rendre compte : ils ont appris à marcher et hop le tour était joué ! Ils tenaient une Obut match IT demie-tendre dans les mains. Du coup c’est devenu beaucoup plus difficile pour Mémère de lutter contre 3 pétanqueurs plutôt qu’un ! » se vante-il, « j’ai la vie dont j’ai toujours rêvé, mes boules, ma famille, j’ai même été récemment réformé du travail… Les planètes sont alignées au poil ! »

Eugène Turpin et ses fils, unis par la passion des boules

Alors à l’A2P nous sommes les premiers à vous encourager à vivre votre pétanque, mais attention aux excès, qui mènent toujours à des extrémités que l’on n’aurait jamais imaginées. Prenez soin de vos boules mais souvenez que votre famille est importante aussi

😉

 

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